La traque zélée de Carles Puigdemont par les forces de l’ordre espagnoles exaspère les habitants du haut Vallespir français. Plusieurs habitants du village de Prats-de-Mollo (Pyrénées-Orientales) se plaignent d’avoir été contrôlés, véhicule fouillé, sur le sol français. Les faits se sont produits au col d’Ares, qui marque la frontière entre la France et l’Espagne à 1530 mètres d’altitude permettant la circulation entre le Vallespir  français et la vallée catalane de Camprodon. « Les habitants qui ont fait l’objet de cette opération de contrôle n’allaient  même pas en Espagne. Ils n’avaient pas franchi la frontière. Ils se rendaient au col pour se promener et pour admirer l’un des plus beaux  panoramas transfrontaliers des Pyrénées. Ces pratiques sont inacceptables. Les policiers espagnols n’ont aucune autorité pour intervenir sur notre territoire sauf dans le cadre des conventions de coopération existantes et ils doivent le faire en liaison avec les services français de gendarmerie ou de police à la frontière. Ils cherchaient Carles Puigdemont qui aurait pu se cacher dans le coffre d’un véhicule » estime Claude Ferrer le maire de Prats-De-Mollo qui  a émis une protestation très officielle et obtenu que les patrouilles espagnoles s’écartent du col. Entre temps, on a appris que Carles Puigdemont posait ses valises dans une résidence à Waterloo (Belgique) ce qui a entraîné une baisse de l’intensité des contrôles espagnols à la frontière.

L’Espagne à 210 kilomètres de la Frontière !

 

Le Col d’Ares n’est pas un point de passage comme les autres  entre Espagne et France. En 1939, plus de 100 000 réfugiés de la Retirada fuyant les forces franquistes ont franchi ce col montagneux. La route sinueuse et aujourd’hui enneigée qui bascule vers Prats-De-Mollo est devenue symbolique de liberté, emblématique même pour le peuple catalan. « Voici 79 ans, les militaires franquistes n’avaient pas osé franchir la ligne frontière. Cette fois-ci la Guardia Civil l’a fait » ajoute encore Claude Ferrer. Ce que contestent les autorités espagnoles. Au col, face à l’ancien local des douanes, les inscriptions sont sans ambiguïté pro-catalane. Une flèche indique la direction de l’Espagne avec cette précision : à 210 kilomètres, c’est-à-dire à l’autre bout de la Catalogne.