Bodega des Costières à la feria de Nîmes; c. photo palomar.

Les habitués de la feria de Nîmes, festifs marathoniens, le savent. Pour tenir jusqu’au bout des cinq jours de feria qui incluent aussi les nuits, il faut doser son effort. Il convient de modérer l’alcoolisation, autant que faire se pourra, et il faut se réserver des temps de repos et de récupération. Car pour bien vivre une feria il faut être capable d’en extraire les plus belles sensations, les plus intenses moments d’émotion qui peuvent surgir en toute heure et en tout lieu.

La feria, c’est la version festive et extrême du triathlon. Il faut manger boire et danser. Plus une quatrième discipline pour les aficionados : la corrida. À raison de deux courses organisées chaque jour, cela représente quatre heures minimum de présence dans les arènes dans une position assise qui offre un repos très relatif.

Les feriathologues ont la parole

Pour tenir sur la durée, les feriathologues qui publient chaque année leurs travaux sur le zinc des bodegas, préconisent une importante hydratation tout au long de l’épreuve. Il s’agit de diluer les degrés alcooliques absorbés notamment au moment du piège absolu des séances d’apéritif. Dans ce contexte, à la feria de Nîmes, le pastis peut-être un choix judicieux à condition de le noyer à raison de six à huit volumes d’eau pour un volume d’apéro. Le vin rosé, servi frais avec beaucoup de glaçons est une autre possibilité intéressante et c’est la boisson tendance de la féria (20 € la bouteille de Costières de Nîmes, 40 € pour le magnum, le grand succès 2017). On peut le préférer au champagne plus cher et souvent servi tiède. Des petits malins se désaltèrent au Perrier-anis, la version bulles gardoises de l’apéro zéro degré.

On ne saute pas… le repas

Il est totalement contre-indiqué de sauter un repas, de ne pas copieusement petit-déjeuner le matin à la feria de Nîmes. Pour le confort et l’assurance d’une nourriture sécurisée, on donnera la préférence aux vrais restaurants avec de vraies nappes et à priori un véritable cuisinier au piano. Et des professionnels dans la salle pour accueillir et conseiller.

Les bandas sont dans les rues de la feria de Nîmes

Pratiquement tous proposent des menus feria (Comptez entre 25 et 30 €). Pour bien vivre la feria, il faut être correctement équipé et surtout bien chaussé. Proscrivez définitivement les beaux mocassins tout neufs. Préférez des chaussures confortables, baskets tendance. Prévoyez des vêtements confortables avec un pull pour la nuit fraiche même en juin.

La feria des détrousseurs professionnels.

Evitez, les sacoches, les sacs à main qui hypnotisent les détrousseurs professionnels qui font la feria, notamment dans le fleuve humain et cosmopolite du boulevard Victor-Hugo. Choisissez de placer votre argent liquide, votre carte bancaire et votre pièce d’identité dans une poche profonde et zippée. Évitez les zones de corps-à-corps collectif sur la voie publique. Partez en soirée avec un téléphone portable bien chargé pour ne pas perdre vos amis dans la foule et ne plus jamais les retrouver, notamment aux heures tardives où les horloges deviennent des montres molles. Et pour immortaliser les faenas de nuit. Prévoyez des cartes de visite pour les rencontres impromptues au cœur de la nuit. Et un petit stylo.  En amont de la feria, faites la chasse aux cartes d’entrée et aux invitations pour les bodegas les plus prisées. Faute de laisser-passer, investissez tôt dans la soirée, les établissements les plus prisés comme Pablo Romero.

Le stationnement hystérique.

Les phobiques du stationnement doivent s’interdire d’aller en ville en voiture pour la feria de Nîmes. Des parkings de délestage sont organisés et fléchés à l’entrée de la ville, dans le secteur du stade des Costières et du Parnasse. On peut ensuite rejoindre le périmètre festif grâce à des navettes payantes (2,40 €) dont on peut payer les tickets avec son téléphone portable. Pour se loger en ville, il faut parier sur la loterie des désistements de dernière minute ou dormir à l’extérieur de la ville. En cas de grande fatigue physiologique dormez sur place dans votre voiture. Ne prenez surtout pas le volant. Dans la première nuit de la feria trente fêtards alcoolisés ont perdu leur permis de conduire. Et la meilleure façon de retrouver de nouvelles émotions à la prochaine feria, c’est de rentrer vivant, avec ses amis de bodegas ou de la vraie vie.

10 adresses  de feria.

Wine-bar/Le Cheval Blanc (1, place des Arènes). C’est la grande adresse par excellence pour déjeuner, dîner et déguster toutes sortes de breuvages d’exception sélectionnés par Michel Hermet.

Bodega des Costières. Dans la cour de l’école des Beaux-Arts. Entrée rue du Chapitre (prés de la Grand-Rue). C’est la bodega des vignerons des Costières. Tapas et vin des Costières.

Pablo Romero. Le lieu mythique et authentique de la feria (rue Emile-Jamais, prés de l’église Saint Paul). Tapas et boissons. Sévillanes et toutes musiques. Mieux vaut avoir une carte de membre de l’association ou arriver tôt.

L’Impérator (quai de la Fontaine). Hôtel, bodega et restaurant. L’endroit pour voir et être vu, rendez-vous de toutes les VIP. Bar + espace privatif. Merveilleux jardin.

Chez Jany (rue de l’Étoile). Inclassable, déjanté et exigu.

Le 9 (rue de l’Étoile). Bar, restaurant et bodega. Un des lieux mythiques de la feria. Ambiance branchée. Bodega à partir de 23h00.

Les 3 Maures (place des Arènes). Toujours bien vivant surtout à l’heure des apéros au coude à coude. Bar, bodega et restaurant. Cohue permanente et joie communicative.

La Grande bourse. Bar et restaurant aux portes des arènes. Le meilleur endroit pour se relaxer et se rafraichir et pour voir les aficionados pressés qui filent vers les arènes. Ambiance délicieusement cool le matin avant la corrida.

Le Victor Hugo (36, bd Victor-Hugo). En mode bar musical. Pour un moment d’anthologie. Y compris le matin. Surtout le matin après la nuit blanche.

Espace Sévillan (place Montcalm). Bodega des Andalouses. Ambiance, danse et musique sévillane. Grand bal sévillan le vendredi.

6 bonnes idées.

Nimeno II

Ce vendredi soir : hommage à Nimeno II, torero disparu. 21h30 au Carré d’Art. Projection accompagnée d’une lecture Torero enfant du pays dont on fête cette année les quarante ans d’alternative. Gravement accidenté par un taureau à Arles en septembre 1989 et disparu en novembre 1991. Son frère Alain a signé un éblouissant hommage : « Recouvre le de lumière » .

Manitas de Plata

Samedi 3 juin. Espace Andalou, Esplanade. 22h30 : Grand concert hommage à Manitas de Plata par tous les groupes de la Placette. En présence de Kema, le petit-fils prodige à la guitare.

Dimanche 4 juin. 21h à minuit : Espace Andalou, Esplanade. Concert du groupe Mellino. Deux anciennes Négresses Vertes et leurs musiciens reprennent les tubes Zobi la mouche, Bodega bodega… pour une soirée déchainée au son de la rumba. 22h30 : Spectacle de Farruco. Dans un style très moderne, très athlétique, l’ancien danseur de Paco de Lucia est la star du flamenco. Avec le chanteur Rafael de Utrera.  

Tous les jours jusqu’à lundi :

14h-19h : Spectacles de rue 
Mime, danse Hip Hop, échassiers, accro-bike…
Places aux Herbes, Horloge, Questel, Calade, Saint-Charles, parvis de la Maison Carrée, square de la Couronne

Expo « Quand Christian Lacroix habillait Carmen » / Au Musée des Cultures taurines 6 rue Alexandre Ducros. De 10h à 18h jeudi et lundi, et jusqu’à 20h vendredi, samedi et dimanche. Gratuit pendant la feria.

Les bons numéros :

PC Feria : 04 66 76 73 88.

Arènes : 0891 701 401