L’enthousiasme qui enveloppe la filière des vins bio toute entière dépasse largement le tapis rouge des allées de Millésime bio. Il booste aussi le salon du « Vin des amis »  manifestation périphérique, « pas concurrent, plutôt complémentaire » dixit Charlotte  Sénat la créatrice de l’évènement. Ainsi cette année, ce salon du vin des amis installé à Verchant, prés de Montpellier, a-t-il connu une progression impressionnante de son visitorat. Là encore, il s’agit d’acheteurs, des cavistes et des chercheurs de pépites  gustatives parmi les 85 stands dans une ambiance impressionnante de convivialité et d’allégresse. « C’est plus petit et surtout, pour les producteurs, c’est moins cher que Millésime Bio et le ratio est même meilleur : 1500 visiteurs cette année pour 85  exposants. C’est une progression de 30 % » s’exclame Charlotte Sénat, organisatrice avec son mari, Jean Baptiste, de  ce salon créé en 2004 par des vignerons (du Minervois) pour des vignerons. « Depuis quelques années, incontestablement, nous assistons à une montée en puissance de la demande en vin bio. L’éventail du consommateur s’élargit. C’est vraisemblablement dû à la médiatisation de notre filière » explique Christine Dupuy, du domaine Labranche-Laffont dans le Gers visiblement ravie de ces deux journées de dégustation du millésime dans le sillage de maisons aussi reconnues que celles de Gilles Azam à Limoux,  Didier Barral en Faugères, Lionel Gauby en Roussillon ou les Lapierre à Morgon. « Ici c’est parfait pour découvrir de nouveaux produits et de nouvelles saveurs. Effectivement les particuliers  réclament de plus en plus  de vins  bio. C’est net. Mais il nous reste  encore à convertir les restaurateurs ce qui n’est pas une mince affaire. Ils veulent du goût, des  vins expressifs, faciles à boire et surtout du prix. Pour la grande majorité d’entre eux, le bio, c’est un peu loin » estime Laura,  l’ancienne sommelière  de la réserve Rimbaud, devenue aujourd’hui caviste à Montpellier éphémère capitale mondiale du vin  bio.

L’Italie galope, la France regarde le paysage

Cette séquence salon de la fin janvier  a permis de  bien saisir les enjeux internationaux d’un marché qui  croit de 20 % par an.  L’Italie galope à 24 % d’augmentation des surfaces  cultivées en vin bio et l’Espagne avance au rythme excellent de 11 %  en 2016 quand la France  chemine  avec grande délicatesse en regardant le paysage :  + 3%. « A ce rythme le marché  international va partir  en Italie »  se désole Patrick Guiraud, le président du salon qui exhorte à des conversions massives d’ici 2020.